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Fertilité

Fertilité et PMA à Tanger : comprendre votre parcours étape par étape

Par Dr. Oumaima Sarhdaoui Lecture ~ 6 min

Au sommaire

  1. Quand consulter une spécialiste en fertilité ?
  2. Le bilan de fertilité : un travail à deux
  3. Les causes les plus fréquentes d'infertilité
  4. Les techniques de procréation médicalement assistée (PMA)
  5. L'accompagnement émotionnel : aussi important que le médical

Environ un couple sur six rencontre des difficultés à concevoir dans le monde. Au Maroc comme ailleurs, la fertilité féminine et masculine peuvent être affectées par de nombreux facteurs : âge, équilibre hormonal, antécédents médicaux, mode de vie. Comprendre le parcours de bilan et de prise en charge permet d'aborder la démarche avec moins d'angoisse et plus de méthode.

Quand consulter une spécialiste en fertilité ?

La recommandation médicale internationale est claire : un couple qui souhaite un enfant et a des rapports sexuels réguliers sans contraception doit consulter après douze mois de tentatives infructueuses si la femme a moins de 35 ans, et après six mois seulement au-delà de 35 ans.

Cette limite n'est pas arbitraire. La fertilité féminine diminue progressivement à partir de 30 ans, et plus rapidement après 35 ans. Le délai pour concevoir s'allonge, le risque de fausse couche augmente, et la réserve ovarienne s'épuise. Plus le bilan est précoce, plus les options thérapeutiques sont nombreuses.

Certaines situations imposent une consultation immédiate : cycles très irréguliers ou absents, antécédents de chirurgie pelvienne, endométriose connue, exposition à des traitements potentiellement toxiques pour la fertilité, ou problème connu chez le partenaire.

Le bilan de fertilité : un travail à deux

Le bilan d'infertilité concerne le couple, jamais une seule personne. Dans environ un tiers des cas, la cause est féminine, un tiers masculine, et un tiers mixte ou inexpliquée. Faire le bilan en parallèle pour les deux partenaires fait gagner un temps précieux.

Pour la femme, le bilan comprend généralement un interrogatoire détaillé sur les antécédents et les cycles, un examen clinique gynécologique, un bilan hormonal sanguin (FSH, LH, œstradiol, AMH, prolactine, TSH, testostérone), une échographie pelvienne avec compte des follicules antraux, et une hystérosalpingographie ou hystérosonographie pour évaluer la perméabilité des trompes.

Pour l'homme, le spermogramme reste l'examen de référence. Il évalue la concentration, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes. Un seul spermogramme anormal ne suffit pas à conclure : il doit être confirmé à au moins trois mois d'intervalle, car la spermatogenèse dure environ 74 jours.

Les causes les plus fréquentes d'infertilité

Chez la femme, les troubles de l'ovulation (notamment le syndrome des ovaires polykystiques, SOPK) représentent environ 25 % des causes. Viennent ensuite les pathologies tubaires (séquelles d'infections, endométriose, chirurgie antérieure), l'endométriose isolée, les anomalies utérines (fibromes, polypes, malformations), et la diminution de la réserve ovarienne liée à l'âge.

Chez l'homme, les causes incluent l'oligo-asthéno-tératospermie (anomalies du nombre, de la mobilité ou de la forme), les varicocèles, les infections génitales, les troubles hormonaux et les facteurs environnementaux (chaleur, toxiques, médicaments).

Dans 10 à 15 % des cas, malgré un bilan complet, aucune cause n'est retrouvée : c'est l'infertilité inexpliquée. Elle ne signifie pas l'absence de cause, mais simplement que les outils diagnostiques actuels ne permettent pas de la mettre en évidence.

Les techniques de procréation médicalement assistée (PMA)

La PMA regroupe l'ensemble des techniques médicales qui aident à concevoir. Le choix dépend du diagnostic, de l'âge de la femme, et de l'histoire du couple.

La stimulation ovarienne simple consiste à induire ou améliorer l'ovulation par des médicaments oraux (citrate de clomifène, létrozole) ou injectables (gonadotrophines). Les rapports sexuels sont programmés autour de l'ovulation détectée par échographie. C'est la première étape pour de nombreux troubles de l'ovulation.

L'insémination intra-utérine (IIU) associe une stimulation légère à l'injection des spermatozoïdes préparés au laboratoire directement dans l'utérus. Elle est indiquée notamment en cas d'anomalie modérée du sperme, de glaire cervicale hostile, ou d'infertilité inexpliquée.

La fécondation in vitro (FIV) reste la technique la plus aboutie. Les ovocytes prélevés après stimulation contrôlée sont fécondés au laboratoire par les spermatozoïdes du partenaire. L'ICSI, variante de la FIV, consiste à injecter directement un spermatozoïde dans chaque ovocyte ; elle est privilégiée en cas d'anomalies sévères du sperme.

L'accompagnement émotionnel : aussi important que le médical

Un parcours de fertilité est éprouvant. L'attente, les espoirs, les déceptions et les traitements lourds peuvent peser sur le couple, sur la vie professionnelle, sur l'estime de soi. Plusieurs études montrent que le soutien psychologique améliore non seulement le vécu, mais aussi les chances de succès des traitements.

N'hésitez pas à demander à votre gynécologue une orientation vers une psychologue formée à la fertilité, à intégrer un groupe de parole, ou simplement à vous accorder des pauses dans le parcours quand le besoin s'en fait sentir. Avancer à son rythme reste possible et légitime.

Spécialiste en fertilité formée à Paris Cité, le Dr. Oumaima Sarhdaoui propose des bilans complets et un accompagnement personnalisé à son cabinet de Tanger.

À noter : Cet article a un but informatif et éducatif. Il ne remplace pas une consultation médicale avec un professionnel de santé qualifié. Pour tout symptôme ou question concernant votre santé, prenez rendez-vous avec votre gynécologue.