Accueil/ Articles/ Quotidien
Quotidien

Mycoses et infections vaginales : comprendre, traiter, prévenir

Par Dr. Oumaima Sarhdaoui Lecture ~ 6 min

Au sommaire

  1. Comprendre le microbiote vaginal
  2. La candidose (mycose vaginale)
  3. La vaginose bactérienne
  4. Trichomonas et autres infections sexuellement transmissibles
  5. Prévention et hygiène intime au quotidien

Trois femmes sur quatre connaîtront au moins un épisode de mycose vaginale au cours de leur vie. Les infections vaginales, bien que très fréquentes, restent souvent taboues et mal connues. Pourtant, les identifier rapidement et adopter les bons réflexes permet de s'en débarrasser efficacement et de limiter les récidives.

Comprendre le microbiote vaginal

Le vagin abrite naturellement une flore bactérienne, dominée par les lactobacilles (bacilles de Döderlein). Ces bactéries bénéfiques produisent de l'acide lactique, maintenant un pH acide (entre 3,8 et 4,5) qui protège contre les germes pathogènes.

Quand cet équilibre est perturbé — par un antibiotique, un changement hormonal, des soins intimes inadaptés, une grossesse, des rapports sexuels protégés ou non — les bactéries bénéfiques diminuent et d'autres germes peuvent proliférer : champignons, bactéries pathogènes, parasites.

Les conséquences sont variables : déséquilibre temporaire spontanément résolutif, ou infection nécessitant un traitement. Connaître la différence entre une simple modification de l'équilibre et une vraie infection évite l'auto-médication abusive — qui aggrave souvent les problèmes.

La candidose (mycose vaginale)

C'est l'infection vaginale la plus fréquente. Elle est due à la prolifération d'un champignon, généralement Candida albicans, naturellement présent en petite quantité dans la flore vaginale.

Les symptômes typiques sont : démangeaisons vulvaires et vaginales intenses, brûlures, rougeurs et œdème de la vulve, pertes blanches épaisses et grumeleuses (« lait caillé »), parfois douleurs pendant les rapports ou en urinant.

Les facteurs favorisants sont nombreux : prise d'antibiotiques (qui détruit la flore protectrice), grossesse, diabète mal équilibré, traitements immunosuppresseurs, contraception œstroprogestative, sous-vêtements synthétiques serrés, douches vaginales, savons agressifs.

Le traitement repose sur des antifongiques locaux (ovules vaginaux, crème vulvaire) sur 1 à 3 jours. En cas de récidives fréquentes (4 épisodes ou plus par an), un traitement de fond et un bilan complémentaire (recherche de diabète, exploration d'autres causes) sont nécessaires.

La vaginose bactérienne

La vaginose est un déséquilibre de la flore vaginale, sans véritable infection au sens classique. Les lactobacilles sont remplacés par des bactéries anaérobies, principalement Gardnerella vaginalis.

Les symptômes diffèrent de ceux de la mycose : pertes vaginales grisâtres, fluides, abondantes, à odeur caractéristique de « poisson » qui s'intensifie après les rapports sexuels. Les démangeaisons sont rares ou modérées, contrairement à la candidose.

Le diagnostic est confirmé par l'examen au speculum et un prélèvement vaginal. Le traitement repose sur un antibiotique (métronidazole ou clindamycine), oral ou local, sur 5 à 7 jours. Les récidives sont fréquentes : restaurer la flore avec des probiotiques vaginaux après le traitement aide à les prévenir.

La vaginose, bien que bénigne, ne doit pas être négligée : pendant la grossesse, elle augmente le risque de prématurité et nécessite un traitement systématique.

Trichomonas et autres infections sexuellement transmissibles

La trichomonase est due à un parasite, Trichomonas vaginalis, exclusivement transmis par voie sexuelle. Les symptômes incluent des pertes jaunâtres ou verdâtres mousseuses et malodorantes, des démangeaisons importantes, et parfois des douleurs en urinant.

Le traitement repose sur le métronidazole en dose unique, à prendre par les deux partenaires simultanément, sous peine de réinfection en boucle.

D'autres IST peuvent se manifester par des symptômes vaginaux : chlamydia (souvent asymptomatique mais fréquente), gonococcie, herpès génital (vésicules très douloureuses), syphilis. Devant des symptômes inhabituels ou persistants, un bilan IST complet est recommandé.

Les IST ne sont pas une honte mais un problème de santé : elles se dépistent et se traitent. Plus elles sont prises en charge tôt, moins elles laissent de séquelles (en particulier sur la fertilité).

Prévention et hygiène intime au quotidien

Quelques règles simples préviennent la majorité des infections vaginales :

• Une toilette intime quotidienne suffit, avec un savon doux à pH neutre ou légèrement acide. Pas de douche vaginale interne (elles détruisent la flore protectrice)

• Préférer les sous-vêtements en coton, éviter les pantalons trop serrés et les sous-vêtements synthétiques

• Changer rapidement de maillot de bain mouillé ; ne pas dormir avec des leggings ou collants

• S'essuyer toujours d'avant en arrière après être allée aux toilettes (de la vulve vers l'anus)

• Uriner après les rapports sexuels pour éliminer d'éventuels germes ascendants

• Boire suffisamment d'eau, équilibrer l'alimentation (limiter les sucres rapides qui favorisent les mycoses)

• Utiliser des préservatifs avec un nouveau partenaire jusqu'aux résultats d'un dépistage IST partagé

• Ne pas auto-médicamenter avant d'avoir consulté en cas de premier épisode ou de symptômes inhabituels : un mauvais traitement aggrave et masque le vrai diagnostic

Démangeaisons, pertes inhabituelles, symptômes qui durent ? Prenez rendez-vous au cabinet du Dr. Sarhdaoui à Tanger pour un diagnostic précis et un traitement adapté.

À noter : Cet article a un but informatif et éducatif. Il ne remplace pas une consultation médicale avec un professionnel de santé qualifié. Pour tout symptôme ou question concernant votre santé, prenez rendez-vous avec votre gynécologue.